Domitexka – L’actif industriel que le capital africain n’a pas encore trouvé

Au cœur du Sénégal, un entrepreneur a relancé une filature arrêtée depuis des années. Il a trouvé les marchés, le savoir-faire, les partenaires. Ce qui lui échappe encore — et qui échappe à toute l'industrie textile africaine — c'est le capital.

by BushG
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La bobine de fil est blanche, propre, tendue avec soin. À l’intérieur de l’atelier de Domitexka, à Kaolack, les machines tournent. Le coton sénégalais entre brut, il ressort filé. C’est précisément ce que Mass Thiam voulait prouver : que le Sénégal peut faire cela. Que l’Afrique peut faire cela.

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Ce qu’il n’avait pas prévu — ou plutôt ce qu’il avait prévu mais espérait surmonter plus vite — c’est que la machine industrielle, elle, tourne au ralenti dès qu’on lui coupe le financement. Et au Sénégal comme partout sur le continent, le financement adapté à l’industrie manufacturière est encore une denrée rare.

Domitexka Saloum est une filature industrielle située dans la région de Kaolack, au cœur de l’un des bassins cotonniers de l’Afrique de l’Ouest. Elle a une histoire — une longue période d’activité, puis un arrêt brutal, faute de capitaux. C’est Serigne Mboup — PDG du Groupe CCBM, président de la Chambre de Commerce, d’Industrie et d’Agriculture de Kaolack (CCIAK) et maire de la ville — qui en est le propriétaire et le promoteur historique. C’est lui qui, en 2012, a répondu à l’appel des travailleurs pour reprendre et relancer l’usine. Mass Thiam y a été appelé en qualité d’Administrateur Général pour conduire cette ambition. Depuis qu’il a pris ses fonctions, il se bat sur deux fronts simultanés : reconstruire un outil industriel et convaincre des financiers que cet outil a un avenir.

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Ce combat-là n’est pas le sien seul. Il est celui de toute une industrie.

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