À la veille de la célébration du 66e anniversaire de l’indépendance de la Côte d’Ivoire, le président de la République, Alassane Ouattara, s’est adressé à la Nation ce jeudi 6 août 2026. Dans son allocution, le chef de l’État a réaffirmé sa volonté de poursuivre les opérations de libération des zones à risque, tout en insistant sur le strict respect de l’État de droit et de la dignité humaine.
Le chef de l’État ivoirien dans son adresse a fait des précisions sur la poursuite des opérations, concernant les déguerpissements.
« Les opérations de libération des zones à risque se poursuivront, mais dans le strict respect de l’État de droit pour préserver des vies humaines », a déclaré le président ivoirien.
Ces derniers mois, plusieurs communes du District autonome d’Abidjan, notamment Koumassi et Yopougon, ont été le théâtre de vastes opérations de déguerpissement. Conduites sous la coordination du District autonome d’Abidjan dirigé par le ministre-gouverneur Cissé Ibrahima Bacongo, ces opérations visaient à libérer des emprises considérées comme dangereuses afin de prévenir de nouveaux drames liés aux inondations et aux catastrophes naturelles.
Si ces interventions sont présentées par les autorités comme une mesure de protection des populations, elles ont également suscité de vives réactions en raison de leurs conséquences sociales. De nombreuses familles se sont retrouvées sans logement, contraintes de vivre à la belle étoile après la démolition de leurs habitations.
Le cas de Koumassi au cœur des enquêtes
Le président de la République a également évoqué les opérations de déguerpissement réalisées en dehors du cadre légal, notamment dans la commune de Koumassi.
« S’agissant des opérations de déguerpissement menées en dehors du cadre légal, notamment à Koumassi, elles font l’objet, en ce moment même, d’enquêtes approfondies. Je peux vous assurer que toutes les responsabilités seront établies et elles donneront lieu aux sanctions prévues par la loi », a-t-il averti.
Cette déclaration fait écho à la polémique née de l’« affaire Aliou », liée au déguerpissement du quartier Campement (Cité Houphouët-Boigny), survenu le 3 juin 2026. Cette opération avait entraîné la destruction de nombreuses habitations et laissé plusieurs familles sans abri.
Au cœur de cette affaire figure Alloui Brou Jacques, qui affirme être le propriétaire du terrain concerné. Il soutient avoir agi sur la base de titres fonciers et d’une décision de justice autorisant l’exécution du déguerpissement. Arrêté dans le cadre de cette affaire, il demeure à la disposition des autorités judiciaires, tandis que les investigations se poursuivent.
Dans son message à la Nation, le chef de l’État est également revenu sur les difficultés auxquelles la Côte d’Ivoire a été confrontée ces derniers mois, dans un contexte mondial marqué par de nombreuses incertitudes.
Il a particulièrement évoqué les pluies diluviennes et les inondations qui ont frappé plusieurs localités du pays, causant des pertes en vies humaines ainsi que d’importants dégâts matériels. « La Côte d’Ivoire a été durement éprouvée par des pluies d’une intensité exceptionnelle et des inondations qui ont causé des pertes en vies humaines et de nombreux dégâts matériels.
En cette circonstance, je voudrais renouveler mes sincères condoléances aux familles endeuillées. Je partage leur douleur. J’adresse également toute ma compassion aux populations sinistrées. Chaque vie perdue est une blessure pour la Nation tout entière. Face à cette réalité, j’ai demandé au Gouvernement d’accélérer les investissements dans les infrastructures de drainage et d’assainissement, de renforcer les dispositifs de prévention et de poursuivre les programmes de logements sociaux », a indiqué le président de la République.
Le chef de l’État dans son adresse a rendu hommage à l’ensemble des forces vives de la Nation, notamment les Forces de défense et de sécurité, les agents de l’administration, les acteurs économiques ainsi que tous les citoyens qui contribuent, chaque jour, au développement, à la stabilité et à la sécurité de la Côte d’Ivoire.
À travers cette allocution, Alassane Ouattara a réaffirmé la volonté de l’État de concilier protection des populations, respect des droits des citoyens et application de la loi dans la conduite des opérations de libération des zones à risque.

